Obsédé par des fonctions automatiques du corps? Soigner les TOCs sensorimoteurs (respiration, déglutition, clignement…)

Obsédé par des fonctions automatiques du corps? Soigner les TOCs sensorimoteurs (respiration, déglutition, clignement…)

Certaines personnes souffrant de TOC ne passent pas leur temps à vérifier les portes ou à se laver les mains. Leur problème est beaucoup plus discret… et souvent très difficile à expliquer.

Elles deviennent hyper-conscientes d’un processus automatique du corps : respirer, cligner des yeux, avaler sa salive, sentir son cœur battre, etc.

Ce phénomène est appelé TOC sensorimoteur (ou parfois TOC somatique). Dans ce type de TOC, l’attention se fixe sur une fonction corporelle normalement automatique, qui devient alors impossible à ignorer.

Pour beaucoup de personnes, cela peut devenir extrêmement angoissant.

Dans cet article, nous allons expliquer :

  • ce qu’est exactement ce type de TOC
  • pourquoi il apparaît
  • pourquoi il peut sembler impossible à arrêter
  • et surtout ce qui peut aider à s’en sortir.

Qu’est-ce qu’un TOC sensorimoteur ?

Les TOCs sensorimoteurs sont un sous-type relativement méconnu du trouble obsessionnel compulsif.

Dans cette forme de TOC, la personne devient excessivement consciente de certaines sensations ou fonctions automatiques du corps.

Par exemple :

  • la respiration
  • le clignement des yeux
  • la déglutition (avaler sa salive)
  • le battement du cœur
  • les mouvements de la langue
  • la sensation d’un membre du corps.

Ces fonctions sont normalement gérées automatiquement par le cerveau, sans que nous ayons besoin d’y penser.

Mais chez certaines personnes, l’attention se fixe dessus… et le cerveau commence à surveiller le processus en permanence.


Comment cela commence

Dans beaucoup de cas, tout commence de façon assez banale.

Par exemple :

  • quelqu’un remarque qu’il avale sa salive
  • ou qu’il cligne des yeux
  • ou qu’il pense à sa respiration.

En soi, ce n’est pas un problème. Tout le monde peut remarquer ce genre de chose.

Mais chez certaines personnes anxieuses, une pensée apparaît :

« Et si je ne pouvais plus arrêter d’y penser ? »

Cette inquiétude déclenche de l’anxiété.

Et cette anxiété pousse le cerveau à surveiller encore plus le phénomène.


Le piège du cerveau

Le problème n’est pas la sensation elle-même.

Le problème est la peur associée à la sensation.

Dans les TOCs sensorimoteurs, la peur n’est généralement pas qu’un danger physique va se produire. Elle est plutôt :

  • la peur de ne plus pouvoir ignorer la sensation
  • la peur de rester bloqué dessus
  • la peur de devenir fou ou incapable de se concentrer.

Les spécialistes parlent parfois d’« obséder sur le fait d’obséder ».

Le cerveau se met à penser :

« Et si je pensais à ça toute ma vie ? »

Cette peur maintient l’attention sur la sensation.


Pourquoi essayer de ne plus y penser ne fonctionne pas

Beaucoup de personnes essaient naturellement :

  • de se distraire
  • de forcer leur esprit à penser à autre chose
  • de vérifier si la sensation est toujours là.

Malheureusement, ces stratégies ont souvent l’effet inverse.

C’est le même phénomène que l’expérience célèbre :

« Essayez de ne pas penser à un ours blanc. »

Plus on essaie de ne pas y penser… plus on y pense.

Les TOCs sensorimoteurs fonctionnent exactement comme cela.


La boucle du TOC sensorimoteur

Le mécanisme ressemble souvent à ceci :

  1. On remarque une sensation (ex : avaler sa salive)
  2. Une inquiétude apparaît : « Et si je ne pouvais plus arrêter d’y penser ? »
  3. L’anxiété augmente
  4. On surveille encore plus la sensation
  5. L’attention se renforce.

La boucle est alors installée.


Bonne nouvelle : ce type de TOC est très traitable

Même si ces symptômes peuvent sembler très étranges et isolants, ils sont bien connus des spécialistes des TOCs.

Et surtout : ils peuvent s’améliorer.

Le principe du traitement est assez simple :

apprendre à ressentir la sensation sans essayer de la contrôler ou de la supprimer.

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En d’autres termes : retirer l’anxiété associée à la sensation.


Ce qui aide souvent

Voici plusieurs stratégies utilisées en thérapie.


1. Comprendre que la sensation est normale

Première chose importante : le phénomène n’est pas dangereux.

Tout le monde :

  • respire
  • cligne des yeux
  • avale sa salive.

Le problème est simplement que le cerveau a mis un projecteur sur cette fonction automatique.


2. Arrêter de lutter contre la sensation

C’est souvent contre-intuitif.

Mais essayer de forcer le cerveau à ignorer la sensation renforce le problème.

Une approche plus efficace consiste à dire :

« Oui, je remarque cette sensation. Et ce n’est pas grave. »

Quand l’anxiété disparaît, l’attention finit souvent par se relâcher.


3. Ne pas vérifier constamment

Beaucoup de personnes font des vérifications mentales :

  • « Est-ce que je pense encore à ça ? »
  • « Est-ce que ça va mieux ? »
  • « Est-ce que je vais rester bloqué ? »

Ces vérifications sont en réalité des compulsions mentales.

Et elles entretiennent la boucle.


4. Laisser la sensation être là

Une stratégie souvent utilisée en thérapie consiste à autoriser la sensation à être présente.

Par exemple :

« Très bien, je remarque que j’avale ma salive. Ce n’est pas grave. »

Puis continuer son activité.

Avec le temps, l’attention se relâche naturellement.


5. Se concentrer sur des activités engageantes

Les activités qui demandent de l’attention peuvent aider à sortir de la boucle :

  • conversation
  • sport
  • travail intellectuel
  • activité créative.

Il ne s’agit pas de fuir la sensation, mais simplement de rediriger l’attention vers quelque chose de vivant et concret.


6. La thérapie ERP

La thérapie la plus efficace pour les TOCs est appelée :

ERP (Exposure and Response Prevention).

Elle consiste à :

  • exposer progressivement la personne à ce qui déclenche l’anxiété
  • sans faire les compulsions.

Avec le temps, le cerveau apprend que la situation n’est pas dangereuse.


7. Les médicaments

Dans certains cas, des antidépresseurs (ISRS) peuvent aussi aider à réduire l’intensité des TOCs.

Mais ils ne sont pas nécessaires pour tout le monde.


Une chose très importante à retenir

Le cerveau humain a tendance à oublier ce qui n’est pas associé à une menace.

Si une sensation ne provoque plus d’anxiété, elle finit souvent par redevenir automatique.

C’est pour cela que certaines personnes finissent par sortir complètement de ce type de TOC.


Conclusion

Les TOCs sensorimoteurs peuvent être très perturbants.

Beaucoup de personnes ont l’impression d’être seules à vivre cela.

Pourtant, ce phénomène est connu des spécialistes et il existe des stratégies efficaces pour s’en sortir.

Le point clé est souvent de retirer la peur associée à la sensation.

Quand l’anxiété diminue, l’attention finit par se relâcher naturellement.

Vous stressez beaucoup? Visitez mon Kit d’urgence TOCs pour obtenir des conseils.

Alex Garnier

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