Anxiété et dépression lorsqu’on n’arrive pas à trouver un emploi : un combat souvent invisible

Anxiété et dépression lorsqu’on n’arrive pas à trouver un emploi : un combat souvent invisible

« Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? »

Cette question, des milliers de personnes se la posent chaque jour. Elles envoient des candidatures, rédigent des lettres de motivation, passent des entretiens et attendent des réponses qui ne viennent jamais. Les semaines deviennent des mois, et l’espoir laisse progressivement place à la peur, à la honte et parfois à la dépression.

Pour beaucoup de personnes, la recherche d’emploi n’est pas seulement un défi professionnel. Elle devient une épreuve psychologique.

Pourquoi la perte d’emploi est-elle si difficile à vivre ?

Le travail occupe une place particulière dans nos vies. Il ne représente pas seulement un salaire. Il nous apporte également :

  • une routine ;
  • des relations sociales ;
  • un sentiment d’utilité ;
  • une certaine stabilité ;
  • une reconnaissance de nos compétences ;
  • une identité.

Lorsque tout cela disparaît, nous pouvons avoir l’impression de perdre une partie de nous-mêmes.

Dans une société où la réussite professionnelle occupe une place importante, le chômage est parfois vécu comme un échec personnel, même lorsque les circonstances sont totalement indépendantes de notre volonté : licenciement économique, crise du secteur, discrimination liée à l’âge, problèmes de santé, évolution rapide des technologies ou simple malchance.

Peu à peu, le doute s’installe.

L’anxiété liée à la recherche d’emploi

Au début, l’inquiétude peut sembler raisonnable. Il est normal de se demander comment payer son loyer, subvenir aux besoins de sa famille ou envisager l’avenir.

Mais cette inquiétude peut progressivement se transformer en anxiété chronique.

Parmi les symptômes les plus fréquents, on retrouve :

  • des difficultés à s’endormir ;
  • des réveils nocturnes ;
  • des ruminations permanentes ;
  • une irritabilité inhabituelle ;
  • des tensions musculaires ;
  • une perte d’appétit ou, au contraire, des compulsions alimentaires ;
  • des palpitations ;
  • un sentiment permanent de danger.

Certaines personnes passent des heures à consulter les offres d’emploi, à modifier leur CV ou à analyser leurs anciens entretiens en cherchant ce qu’elles auraient pu faire différemment.

D’autres, épuisées, finissent par abandonner complètement leurs recherches pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Quand l’anxiété laisse place à la dépression

L’absence de résultats finit parfois par provoquer un profond sentiment d’impuissance.

Des pensées douloureuses apparaissent alors :

  • « Je suis inutile. »
  • « Personne ne veut de moi. »
  • « Je suis trop vieux. »
  • « Je ne retrouverai jamais de travail. »
  • « J’ai raté ma vie. »

Le cerveau a tendance à transformer une situation temporaire en vérité absolue.

C’est ainsi que la dépression peut s’installer.

Elle ne se manifeste pas uniquement par la tristesse. Elle peut également prendre la forme :

  • d’une fatigue permanente ;
  • d’une perte de motivation ;
  • d’une diminution du plaisir ;
  • d’un sentiment de vide ;
  • d’un ralentissement physique et mental ;
  • d’une baisse de l’estime de soi ;
  • d’un repli sur soi.

Certaines personnes cessent de répondre aux appels de leurs proches. D’autres évitent les réunions familiales par peur des questions sur leur situation professionnelle.

Les pensées intrusives et les ruminations

Sur PenseesIntrusives.fr, nous parlons souvent des pensées intrusives. Elles peuvent devenir particulièrement envahissantes pendant une période de chômage.

Ces pensées prennent différentes formes :

  • « Et si je ne retrouvais jamais de travail ? »
  • « Et si je perdais tout ce que j’ai construit ? »
  • « Et si les autres avaient raison à mon sujet ? »
  • « Et si ma carrière était terminée ? »

Plus nous luttons contre ces pensées, plus elles ont tendance à revenir.

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Le problème est que notre cerveau interprète l’incertitude comme un danger. Il essaie alors de reprendre le contrôle en analysant sans cesse la situation.

Malheureusement, cette stratégie produit souvent l’effet inverse : elle augmente l’anxiété et l’épuisement.

Les réseaux sociaux : un piège supplémentaire

Pendant cette période, les réseaux sociaux peuvent aggraver la souffrance psychologique.

Nous y voyons des promotions, des annonces de recrutement, des photos de collègues heureux et des récits de réussite spectaculaires.

Nous comparons alors nos difficultés aux meilleurs moments de la vie des autres.

Cette comparaison est profondément injuste, car nous ne voyons jamais les échecs, les refus, les doutes et les périodes de solitude qui se cachent derrière ces publications.

Comment retrouver un peu d’équilibre ?

Bien entendu, il n’existe pas de solution miracle. En revanche, certaines habitudes peuvent vous aider à traverser cette période.

Maintenez une routine

Le cerveau supporte mal le vide et l’absence de structure.

Essayez de vous lever à heure fixe, de prendre vos repas à des heures régulières et de réserver des créneaux précis à votre recherche d’emploi.

Limitez le temps consacré aux candidatures

Passer dix heures par jour à rechercher un emploi n’est pas nécessairement plus efficace que d’y consacrer deux ou trois heures.

L’épuisement finit souvent par réduire la motivation et la concentration.

Continuez à voir d’autres personnes

L’isolement alimente l’anxiété et la dépression.

Même une simple promenade, un café avec un ami ou une activité sportive peuvent avoir des effets bénéfiques.

Ne confondez pas votre valeur et votre situation

Le fait de ne pas trouver d’emploi ne signifie pas que vous êtes incompétent, inutile ou sans avenir.

Une situation difficile ne définit pas votre identité.

Demandez de l’aide si nécessaire

Parler à un proche, à un psychologue ou à un médecin n’est pas un signe de faiblesse.

Au contraire, reconnaître sa souffrance est souvent la première étape vers un mieux-être.

Vous n’êtes pas seul

Si vous traversez actuellement cette période, souvenez-vous d’une chose essentielle : votre cerveau tente de vous convaincre que votre situation actuelle durera éternellement.

Pourtant, l’histoire montre que les parcours professionnels sont rarement linéaires. Les licenciements, les reconversions, les échecs et les périodes de doute font partie de la vie de nombreuses personnes.

Votre emploi est une partie de votre existence.

Il n’est pas toute votre existence.

Alex Garnier

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